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Association Française pour la Conservation des Espèces Végétales
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Les collections inventoriées présentent bien souvent des relations entre elles, dues à leur constitution même et aux échanges de matériel végétal qui ont lieu entre collections différentes.
Rares sont celles qui n'ont aucune relation avec des collections extérieures ; même lorsque la collection est entièrement constituée de matériel prospecté, celui-ci n'est en aucun cas intégralement rarissime.
La redondance de matériel n'a pas été évaluée dans cet inventaire, mais l'étude succincte des listes variétales laisse entrevoir qu'aucune collection n'est à l'abri d'héberger du matériel en commun avec d'autres collections.
De ce fait, nous avons essayé de mettre en évidence les relations concrètes établies entre les collections ex situ à l'aide d'une codification appropriée. Ceci ne s'adresse pas aux vergers éclatés qui ne peuvent pas être décrits selon la même méthode. Ces derniers correspondent à des structures de type associatif qui gèrent administrativement un listing des ressources des membres adhérents ou répertorient d'anciens vergers généralement en bon état. Le terme " éclaté " correspondant à cet ensemble de lieux où les variétés sont sauvegardées in situ. Toutefois la récupération du matériel reste possible. Le patrimoine est généralement bien répertorié et suivi, mais la pérennité n'en est pas assurée.
De même les actions de prospection n'ayant pas donné lieu à une plantation ne peuvent être traitées de la même manière.

Les collections ex situ

Ces collections ayant souvent des relations entre elles, la notion de relation a été traduite dans notre état par leur degré d'antériorité. Nous avons dénommé " collections de première génération " les collections constituées par des variétés prospectées ou dont l'origine génétique du matériel n'est plus connue ailleurs que dans le site actuel ; étant susceptibles de fournir du matériel pour d'autres collections, nous les avons aussi qualifiées de " collections mères ".

Lorsque le matériel végétal est issu d'une collection mère, il prend l'appellation de collection fille qui peut être une " collection de 2ème génération " et ensuite " de 3ème génération " s'il provient de la précédente.
Cela impose bien entendu de connaître l'origine du matériel végétal.
Les collections-mères répertoriées en France (auxquelles s'ajoutent les vergers éclatés et les actions de prospections sans collection) sont numérotées de 1 à 216.
Les collections de seconde et troisième générations se déclinent de la collection mère par un numéro associé. Ces collections-filles (sans distinction de génération) issues de duplication totale sont au nombre de 92 (parmi lesquelles 37 ont des collections de plusieurs provenances).
A titre d'exemple, les collections filles de la collection 1.1 du Conservatoire végétal d'Aquitaine se déclinent en 1.2, 1.3, 1.4 jusqu'à 1.11, de même que la 205 du Centre de ressources du Nord-Pas de Calais se décline en 205.1 jusqu'à 205.9.

Exemples :
La Collection de pommiers de la Maison de la Nature du Bois Joubert à Donges (64.3) est entièrement issue de l'INRA d'Angers (64.1), elle-même issue (pour les pommes à cidre) de la collection de l'INRA de Versailles, désormais disparue. De ce fait, la collection de pommiers de l'INRA d'Angers est devenue une collection de première génération et celle de Bois-Joubert une collection de deuxième génération en totalité.
Il en est de même
· pour la collection de pommiers de la Ferme pédagogique des Vanneaux à Roost-Warendin (205.6) entièrement issue du Centre Régional de Ressources Génétiques (CRRG) à Villeneuve-d'Ascq (205.1),
· pour la collection de pommiers de l'Ecomusée d'Alsace à Ungersheim (171.4) constituée à partir de celle de la commune de Froeschwiller (171.3),
· pour la Collection de figuiers de la commune de Vézénobres (116.3) entièrement issue du Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles (116.1),
· pour la Collection de figuier de Gimont dans le Gers (15), issue de collections préexistantes du Conservatoire Botanique de Porquerolles (116.1), de la pépinière Baud (122) et du Conservatoire Végétal d'Aquitaine (1.1).

La plupart des autres collections sont formées d'un matériel d'origine mixte ; une partie est issue de matériel original ou prospecté et une partie l'est d'autres collections, entre autre les témoins. De ce fait ces collections sont à la fois collection mère pour un certain pourcentage de matériel et collection de 2nde, voire de 3ème génération pour le reste.

Exemples :
Le verger de Mont-Prés-Chambord (55), composé en partie de matériel issu de la Société Pomologique du Berry (51) et des pépinières Jahan (introductions de seconde génération) ainsi que de matériel prospecté (introductions de première génération),
les vergers de la section d'Ile-de-France des Croqueurs de Pommes à Eaubonne (198.1) et à Chambourcy (198.2), celui du Centre Régional des Ressources Génétique à Villeneuve-d'Ascq (205 .1) et le Jardin des Plantes de Rouen (200.1),
le verger de pruniers du Lycée agricole de Rouffach (171.2) composé en partie de matériel issu d'introductions de seconde génération (INRA de Bordeaux - 2.4) ainsi que de matériel prospecté (introductions de première génération),
le verger du Conservatoire Botanique National de Gap Charance (64.4 et 110), composé en majeure partie de matériel issu de l'INRA d'Angers (64.1), (introductions de seconde génération) ainsi que de matériel prospecté (introductions de première génération),

Cet état permet aussi de montrer l'évolution rapide de situations initiales, qui a pu avoir lieu en cours d'inventaire :

Exemples :
Certaines collections du Conservatoire Végétal Régional d'Aquitaine, initialement classées en seconde génération ont du être reclassées en collection mère à la suite de divers arrachages des vergers d'origine :
· la collection de noisetiers entièrement issue de l'INRA de Bordeaux est devenue collection-mère après l'arrachage de l'espèce en l'an 2000 à Bordeaux,
· les collections de poiriers et de toutes les espèces à noyaux issues de l'Ecomusée de la Grande-Lande (1.8) le sont devenues aussi après l'arrachage partiel de ce verger entre 1999 et 2001.

Deux initiatives répertoriées comme projets sont en cours de réalisation (cf carte projets) :

Exemples :
La plantation du verger de la ville de Laval et celle de l'association les Vergers Retrouvés du Comminges au Lycée Agricole de Saint-Gaudens.

De nouveaux projets nous sont signalés régulièrement :

Exemples :
De nouvelles prospections en Côte d'Armor de poiriers à poiré sont coorganisées par la Chambre d'Agriculture des Côtes d'Armor, l'association des Mordus de la Pomme et le Lycée agricole de Caulnes où seront réalisées les futures plantations.

Les duplications des collections dans d'autres vergers

Certains partenaires dupliquent une partie de leur collection dans d'autres vergers afin de minimiser les risques de perte de matériel ou encore d'en assurer la valorisation.
Exemples :
Les duplications de collections les plus remarquables sont celles
· des pépinières Chevalier (22), Jahan (56) et Coulon (28), de l'INRA d'Angers (64), du verger conservatoire de Pétré (69) et de la Société Pomologique du Berry (51) pour la zone ouest,
· de la collection du CRRG (205), des fonds de pépinières Dumont (184), Puille (202.1) et Hochart (208) dans le nord-ouest,
· de la collection de Froeschwiller (171.3), dupliquée en partie à l'Ecomusée d'Alsace (171.4), au domaine St Loup à Michelbach, et aux vergers du Syndicat d'Arboriculteurs d'Hundling (175.2) ainsi qu'à VEREXAL** à Obernai pour la zone est,
· des pépinières Jouve-Racamond (119.1), de l'INRA d'Avignon à Bellegarde (123.5) et à Montpellier (123.8), du Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles à Vézénobres (116.3) pour les figuiers et à Manosque (116.2) pour les pêchers, dans le sud-est.

Les vergers ou collections éclatés

Cette notion correspond a deux catégories différentes de gestion :
La première correspond à ceux qui gèrent le patrimoine de leurs adhérents sous forme de coordonnées des personnes généralement associées aux listes variétales.

Exemples :
· le jardin conservatoire du Pays d'Auge (19) dans l'ouest,
· les trois sections de l'association des Croqueurs de Pommes, Brie-Gâtinais (190), Jean de La Fontaine (204) et Sud-Champagne (183) ainsi que l'association d'arboriculture de Flize (187) dans le nord-ouest,
· les sections du Bas-Salon (166), de Jura-Bresse (146.1), de Lorraine (178) et de la Nièvre (152) de l'association des Croqueurs de Pommes, de même que l'Association bisontine de pomologie (159) dans l'est,
· la section du confluent Ain-Isère-Savoie (90) de l'association des Croqueurs de Pommes, les vergers de la vallée de Thônes (100) ainsi que l'association Fruits et Nature en Revermont (105.1) dans le sud-est,
· et les association RENOVA (215) et l'Arbre à L'Estre (214) dans le sud-ouest.

La seconde correspond à ceux qui implantent leurs collections sur un grand nombre de sites de petite taille.

Exemples :
La Maison de la Nature de Brussey (163), l'Union Départementale des Syndicats Arboricoles de Moselle (175) et les deux Fédérations d'Arboriculteurs d'Alsace (171) sont à l'origine de plusieurs dizaines de vergers implantés chez des particuliers ou sur des terrains communaux.
Certains partenaires cumulent deux actions distinctes de collection ex situ et verger éclaté,

Exemples :
· le jardin conservatoire du Pays d'Auge (19) gère une collection de fraises à Saint Pierre sur Dives, prospectées par l'association Montviette Nature en Calvados et a réparti ces variétés chez des agriculteurs adhérents du jardin conservatoire pour multiplication,
· la section Aube-Champagne (183) des Croqueurs de pommes, en plus de ses implantations multiples dans 40 vergers communaux, gère le patrimoine de ses adhérents,
· la section Ile-de-France (188) gère deux vergers à Eaubonne (198.1) et à Chambourcy (198.2) et répertorie les variétés présentes dans les vergers de ses adhérents,
· la Maison de la Nature de Brussey (163) en plus de son verger à Brussey, a prospecté la vallée de l'Ognon et introduit ce matériel chez 53 de ses adhérents dont elle gère la liste,
· l'Association Fruits Oubliés (129) en plus de son verger de mûrier noir (124) implanté aux Jardins de La Gardie, gère la liste variétale de ses adhérents pour toutes les espèces.

Les pépinières familiales *

Bien souvent et ceci de longue date, les fonds de pépinières ne diffusent vers le grand public qu'une partie de leur collection d'arbres fruitiers. Le reste est conservé, généralement en l'absence de toute rentabilité, par des professionnels collectionneurs.

Exemples :
Les plus importantes sont :
· les pépinières Adam (43) et Stivel (39) en Bretagne, Chevalier (22.1) en Pays d'Auge, Jahan (54.1) en Touraine, et Coulon (28.1) dans l'Orne.
· les pépinières Dumont (184.1) dans l'Aube et les pépinières Puille (202.1) dans l'Oise.
· les pépinières Gissinger (167) et Rietsch (173) en Alsace,
· les pépinières et roseraies Georges Delbard (76) en Auvergne, les pépinières Baud (122) et Jouve-Racamond (119.1) en PAGE PACA, les pépinières Basset (106), Chataignon (86), Delay (87.1) et Mesmin (101) en région Rhône Alpes et les pépinières Martre (130.1) en Languedoc-Roussillon…

Sauvegarde et valorisation du patrimoine fruitier